Comparatif Copropriété · 14 290 recherches/mois
Avis assurance copropriété 2026
La multirisque immeuble n'est pas une assurance habitation en plus grand. Le souscripteur est le syndicat des copropriétaires, la décision se prend en assemblée générale, et le sinistre qui structure tout le segment est le dégât des eaux entre lots. Ce comparatif couvre les assureurs du marché, les garanties à vérifier et les quatre configurations de copropriété qui changent l'arbitrage.
L'essentiel
Six choses à savoir avant l'assemblée générale
- 01
L’assurance est obligatoire, mais au minimum
Depuis la loi ALUR, l’article 9-1 impose au syndicat d’assurer sa responsabilité civile. Il n’impose ni la couverture des dommages à l’immeuble, ni un niveau de garantie. Un contrat conforme à la loi peut laisser une toiture détruite à la charge du syndicat.
- 02
Vous ne choisissez pas seul, et vous ne pouvez pas refuser de payer
Le contrat est voté en assemblée générale à la majorité de l’article 24, et la prime est une charge répartie au tantième. Un copropriétaire isolé n’a ni le choix de l’assureur, ni la faculté de se retirer.
- 03
Le règlement de copropriété prime sur toute règle générale
C’est lui qui définit où s’arrête le commun et où commence le privatif. Fenêtres, volets, balcons, canalisations encastrées : les cas frontières se tranchent au règlement, et c’est ce qui détermine quel assureur paie.
- 04
Le dégât des eaux entre lots suit la convention IRSI
Jusqu’à 5 000 € HT, un assureur gestionnaire unique instruit et indemnise sans attendre la recherche de responsabilité. En dessous de 1 600 €, il n’y a pas de recours entre assureurs. Au-delà de 5 000 €, retour au droit commun.
- 05
Il n’existe pas de prix de marché
La prime dépend de la surface, du nombre de lots, de l’année de construction, des équipements et surtout de la sinistralité passée. Deux immeubles identiques paient des primes très différentes. Toute fourchette tarifaire publiée sur ce segment est décorative.
- 06
La petite copropriété est le profil le plus mal servi
La prime plancher, calibrée sur des immeubles plus gros, se divise entre peu de lots. Le coût par lot devient disproportionné au risque réel, alors qu’un petit immeuble sans ascenseur présente moins d’exposition qu’un grand ensemble.
Le comparatif
Les assureurs du panel face à la copropriété
Les colonnes « note générale » et « note habitation » viennent de notre panel et servent de contexte : elles ne portent pas sur le contrat immeuble. La colonne « preuve » dit où nous en sommes de la vérification. L'ordre suit la demande observée, pas une qualité présumée.
| Assureur | Contrat | Canal | Cible | Note générale | Note habitation | Preuve |
|---|---|---|---|---|---|---|
| AXA160 rech./mois | Non public | Agents généraux | Toutes tailles, du petit immeuble au grand ensemble | 2,9 / 5 | 3,0 / 5 | À vérifier |
| Macif110 rech./mois | Non public | Réseau mutualiste | Copropriétés de taille petite à moyenne, copropriété horizontale incluse | 3,0 / 5 | 2,9 / 5 | À vérifier |
| Allianz80 rech./mois | Non public | Agents généraux | Toutes tailles | 3,2 / 5 | 3,1 / 5 | À vérifier |
| Groupama70 rech./mois | Non public | Réseau mutualiste | Copropriétés de proximité, forte implantation régionale | 3,1 / 5 | 3,1 / 5 | À vérifier |
| Generali50 rech./mois | Non public | Courtage | Moyennes et grandes copropriétés | 2,8 / 5 | 3,0 / 5 | À vérifier |
| MMA50 rech./mois | Non public | Agents généraux | Petites et moyennes copropriétés | 2,9 / 5 | 2,9 / 5 | À vérifier |
| MAAF50 rech./mois | Non public | Réseau mutualiste | Petites copropriétés et copropriété horizontale | 2,9 / 5 | 4,0 / 5 | À vérifier |
| Crédit Agricole / Pacifica50 rech./mois | Coprorel (Pacifica) | Réseau bancaire | Copropriétés gérées ou domiciliées au Crédit Agricole | 2,8 / 5 | 2,9 / 5 | Documenté |
| MAIF30 rech./mois | Non public | Réseau mutualiste | Petites copropriétés explicitement visées | 3,6 / 5 | 3,7 / 5 | À vérifier |
| Matmut20 rech./mois | Non public | Réseau mutualiste | Petites et moyennes copropriétés | 2,9 / 5 | 2,8 / 5 | À vérifier |
| Abeille Assurances | Non public | Mixte | Non précisée publiquement | 2,8 / 5 | 2,8 / 5 | À vérifier |
| GMF | Non public | Réseau mutualiste | Non précisée publiquement | 3,3 / 5 | 3,8 / 5 | À vérifier |
AXA en copropriété
À vérifierC’est la marque du panel la plus recherchée sur le segment, avec une demande nommée nettement devant les autres. L’offre immeuble passe par le réseau d’agents généraux, qui instruit le devis et porte le conseil au conseil syndical. Le contrat et ses conditions ne sont pas publiés en ligne.
Macif en copropriété
À vérifierDeuxième demande nommée du panel. Les requêtes du segment mentionnent explicitement la copropriété horizontale — des lotissements où les parties communes sont des voiries et des réseaux plutôt qu’un bâti collectif, cas que tous les contrats ne traitent pas de la même façon.
Allianz en copropriété
À vérifierOffre immeuble distribuée par le réseau d’agents. Des conditions générales copropriété ont circulé publiquement par le passé, ce qui indique un contrat dédié de longue date, mais la version en vigueur n’est pas accessible en ligne.
Groupama en copropriété
À vérifierLes requêtes du segment évoquent un contrat type d’assurance d’immeuble en copropriété, cohérent avec une offre dédiée distribuée par les caisses régionales. L’implantation territoriale est un argument réel pour une copropriété qui veut un interlocuteur local avant l’assemblée générale.
Generali en copropriété
À vérifierPositionnement orienté courtage et risques d’entreprise, ce qui convient à la nature professionnelle de la souscription MRI. Les requêtes mentionnent aussi la responsabilité civile copropriété, composante obligatoire du contrat.
MMA en copropriété
À vérifierParticularité notable : la protection juridique copropriété apparaît explicitement dans les requêtes nommant la marque, ce qui suggère une garantie identifiée dans l’offre. Reste à vérifier si elle est incluse au contrat ou vendue en option.
MAAF Assurances en copropriété
À vérifierComme la Macif, la marque est recherchée sur la copropriété horizontale. Appartenance au groupe Covéa, qui mutualise une partie de la gestion sinistre — élément à peser sur un segment où le dégât des eaux entre lots mobilise plusieurs assureurs à la fois.
Le seul contrat du panel dont le nom commercial ressort publiquement sur ce segment : Coprorel, porté par Pacifica, la filiale dommages du groupe. La distribution par le réseau bancaire suppose en général une domiciliation des comptes du syndicat, ce qui lie l’assurance à la banque de la copropriété.
MAIF en copropriété
À vérifierLa seule marque du panel dont la demande nommée porte précisément sur le tarif en petite copropriété. C’est le segment le plus mal servi du marché : sous une dizaine de lots, beaucoup d’assureurs appliquent une prime plancher qui rend le coût par lot disproportionné.
Matmut en copropriété
À vérifierDemande nommée faible mais réelle. Positionnement mutualiste classique, sans spécialisation copropriété affichée publiquement.
Abeille Assurances en copropriété
À vérifierLes seules requêtes rattachant la marque au segment portent sur la prise en charge d’une toiture en copropriété — un sujet de sinistre, pas d’offre. Rien ne permet d’affirmer l’existence d’un contrat MRI dédié.
GMF en copropriété
À vérifierAucune demande nommée mesurable sur le segment. La marque est orientée agents du service public en assurance de particuliers ; une offre immeuble dédiée n’est pas documentée.
Ce qu'on ne trouvera pas
Les marques du panel sans offre copropriété
Les mentionner évite une recherche inutile. Un modèle direct ou une spécialisation en assurance de personnes est incompatible avec une souscription instruite sur devis pour un syndicat.
LCL
Aucune offre copropriété identifiée. La bancassurance du groupe sur le segment passe par Pacifica, rattachée ici au Crédit Agricole.
Direct Assurance
Modèle direct 100 % particuliers. La souscription d’une multirisque immeuble suppose une instruction sur devis incompatible avec ce modèle : aucune offre copropriété.
L'Olivier
Néo-assureur particuliers auto et habitation. Pas d’offre immeuble.
Euro Assurance
Courtage orienté particuliers. Pas d’offre copropriété identifiée.
BNP Paribas Cardif
Spécialiste de l’assurance de personnes et de l’emprunteur. Le segment dommages aux biens collectifs est hors de son périmètre.
Honnêteté éditoriale
Les acteurs qui tiennent réellement ce marché
Le segment de la multirisque immeuble est largement tenu par des acteurs absents de notre panel généraliste : SADA Assurances, Gan, Assurimo (groupe Foncia), SMA-SMABTP, Albingia, et des courtiers grossistes comme Verspieren. Leurs contrats ne se souscrivent pas en ligne et leurs conditions générales ne sont pas publiques, ce qui rend le segment nettement moins documenté que l'habitation des particuliers.
Leurs fiches sont en cours d'instruction et rejoindront notre section assureurs spécialisés, selon la même règle que partout ailleurs : pas de note sans pièce. Un comparatif de copropriété qui prétendrait classer ce marché sans eux passerait à côté de l'essentiel, et nous préférons le dire.
Le contrat
Ce que couvre une multirisque immeuble
Une seule de ces garanties est imposée par la loi. Tout le reste se négocie, et c'est là que deux devis au même prix cessent d'être comparables.
- Responsabilité civile du syndicat Obligatoire
- La seule garantie rendue obligatoire par la loi. Elle couvre les dommages causés aux tiers par l’immeuble ou par un vice de construction : chute d’un élément de façade, accident dans un commun, dégât causé à un voisin. C’est le socle légal du contrat.
- Dommages aux parties communes Standard
- Incendie, dégât des eaux, tempête, bris de glace sur l’ensemble des communs : toiture, façades, cage d’escalier, caves, locaux techniques. C’est le poste qui pèse le plus lourd dans la prime.
- Dégât des eaux entre lots Standard
- Le sinistre emblématique de la copropriété, et le plus conflictuel : une fuite part d’un lot privatif, traverse un commun, endommage un autre lot. Trois assureurs peuvent être concernés. La convention IRSI organise le règlement en désignant un assureur gestionnaire selon le montant.
- Équipements collectifs Standard
- Ascenseurs, chaufferie, portes automatiques, interphonie, VMC. Les plafonds et les exclusions varient fortement d’un contrat à l’autre, et c’est un poste où les contrats génériques sont régulièrement insuffisants.
- Responsabilité civile des mandataires Option
- Couvre le syndic, le conseil syndical et le président de séance dans l’exercice de leur mandat. Déterminant en syndic bénévole, où un copropriétaire engage sa responsabilité personnelle sans structure derrière lui.
- Protection juridique Option
- Prise en charge des frais de procédure du syndicat : impayés de charges, contentieux de travaux, litige avec un prestataire ou un copropriétaire. 70 recherches mensuelles la réclament explicitement, ce qui est beaucoup pour une garantie optionnelle.
- Dommages immatériels Option
- Perte de loyers et privation de jouissance consécutives à un sinistre. Prend du sens dès que l’immeuble compte des lots loués, donc dès qu’il y a des copropriétaires bailleurs.
- Catastrophes naturelles Obligatoire
- Extension légale automatique dès qu’un contrat dommages aux biens existe, avec une franchise fixée par l’État. Elle ne se négocie pas, mais son déclenchement dépend d’un arrêté de reconnaissance.
Par configuration
Le bon contrat dépend de votre copropriété
C'est le point où un classement général perd son sens. Ces quatre configurations n'appellent pas les mêmes garanties, et un contrat excellent sur l'une peut être inadapté sur l'autre.
Petite copropriété
Moins d’une dizaine de lots, souvent un immeuble de ville divisé, parfois sans ascenseur ni équipement collectif lourd.
C’est le profil le plus mal servi du marché. Beaucoup d’assureurs appliquent une prime plancher calibrée sur des immeubles plus gros, ce qui fait exploser le coût ramené au lot. À l’inverse, le risque réel est faible : peu de communs, pas d’ascenseur, pas de gardien.
À vérifier au devis
- L’existence d’une prime plancher, et son montant ramené au nombre de lots.
- La tarification au tantième plutôt qu’au forfait immeuble.
- La possibilité de souscrire sans syndic professionnel, en syndic bénévole.
- Le niveau de franchise : sur un budget serré, une franchise haute annule l’intérêt du contrat.
Grand ensemble
Plusieurs dizaines à plusieurs centaines de lots, équipements collectifs lourds — ascenseurs, chauffage collectif, parkings souterrains, parfois espaces verts et gardiennage.
Le risque est industriel : la sinistralité récurrente pèse sur la prime au renouvellement, et les équipements collectifs ouvrent des garanties que les contrats standards ne couvrent pas. C’est là que la négociation par un courtier prend sa valeur.
À vérifier au devis
- La couverture des équipements collectifs : ascenseurs, chaufferie, portes automatiques.
- Le traitement de la sinistralité passée dans la tarification au renouvellement.
- Les plafonds en responsabilité civile du syndicat, au regard de la valeur de l’immeuble.
- La garantie des dommages immatériels : perte de loyers, privation de jouissance.
Copropriété horizontale
Un lotissement où chaque copropriétaire possède sa maison, les parties communes étant les voiries, les réseaux, l’éclairage et parfois des équipements partagés.
Configuration mal traitée par les contrats conçus pour du bâti collectif. Il n’y a pas de toiture ni de façade commune, mais il y a des réseaux enterrés dont la rupture coûte cher et dont la qualification en partie commune est régulièrement contestée.
À vérifier au devis
- Que le contrat prévoie explicitement la copropriété horizontale, et non par assimilation.
- La couverture des réseaux enterrés : eau, assainissement, électricité.
- La responsabilité civile liée aux voiries et aux espaces communs ouverts.
- L’articulation avec l’assurance habitation individuelle de chaque maison, pour éviter double couverture et trous.
Syndic bénévole ou copropriété sans syndic
Une copropriété dont la gestion est assurée par un copropriétaire, sans mandat professionnel — fréquent dans les très petites copropriétés.
L’obligation d’assurance ne disparaît pas avec le syndic professionnel : elle pèse sur le syndicat, donc sur le bénévole qui le représente. Le risque personnel du mandataire devient central, et tous les assureurs n’acceptent pas de souscrire sans syndic professionnel.
À vérifier au devis
- L’acceptation du syndic bénévole par l’assureur, condition préalable.
- La couverture de la responsabilité personnelle du syndic bénévole dans l’exercice de son mandat.
- La protection juridique du syndicat, qui n’a pas de service juridique derrière lui.
- L’accompagnement à la déclaration de sinistre, sans gestionnaire professionnel pour la porter.
Méthodologie
Comment nous noterons ce segment
La grille généraliste du site ne transpose pas : il n'y a pas d'application mobile pour un syndicat, et le critère décisif est la frontière privatif / commun. Cette pondération est publiée avant d'être appliquée, pour qu'elle soit opposable.
| Critère | Poids | Ce qu'on évalue |
|---|---|---|
| Garanties et parties communes | 30 % | Étendue sur les communs, plafonds, franchises, traitement de la frontière privatif / commun, couverture des équipements collectifs. |
| Gestion des sinistres | 25 % | Délais sur le dégât des eaux entre lots, qualité d’expertise, application de la convention IRSI, coordination entre assureurs. |
| Tarif à la quote-part | 20 % | Cotisation ramenée au lot et au tantième, trajectoire pluriannuelle, existence d’une prime plancher pénalisant les petites copropriétés. |
| Transparence et accompagnement | 15 % | Lisibilité des conditions générales pour un conseil syndical non professionnel, communication des hausses avant l’assemblée générale, interlocuteur dédié. |
| Protection juridique | 10 % | Couverture des litiges du syndicat, recours contre tiers, défense des mandataires. |
| Total | 100 % | Aucun critère « application mobile » : il n'a pas de sens pour un syndicat. |
Ce qu'il nous manque pour noter
- Conditions générales du contrat multirisque immeuble en vigueur.
- Grille de garanties détaillée : plafonds, franchises, exclusions par poste.
- Modalités de tarification : prime plancher, calcul au tantième, coefficient de sinistralité.
- Positionnement déclaré sur la copropriété horizontale et sur le syndic bénévole.
- Statistiques de délai de règlement sur le dégât des eaux entre lots.
- Avis publics émanant de conseils syndicaux, aujourd’hui quasi inexistants sur les plateformes ouvertes.
Tant que ces pièces manquent, les fiches marque × copropriété affichent leurs blocs vides comme vides. C'est la même règle que sur les assureurs spécialisés et sur toute notre méthodologie.
Questions fréquentes
Assurance copropriété : 22 questions
Chaque réponse traite une question réellement posée par les copropriétaires et les conseils syndicaux.
L’assurance copropriété est-elle obligatoire ?
Oui. Depuis la loi ALUR du 24 mars 2014, qui a introduit l’article 9-1 dans la loi du 10 juillet 1965, tout syndicat de copropriétaires doit souscrire une assurance couvrant sa responsabilité civile. L’obligation porte sur le syndicat en tant que personne morale, pas sur les copropriétaires individuellement. Elle est minimale : seule la responsabilité civile est imposée, pas la couverture des dommages à l’immeuble. En pratique, un contrat limité à la RC laisserait le syndicat financer lui-même une toiture détruite par une tempête, ce qui explique que la quasi-totalité des copropriétés souscrive une multirisque immeuble complète.
Qui souscrit le contrat, et qui le paie ?
Le souscripteur est le syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic qui signe en son nom. La décision relève de l’assemblée générale, à la majorité de l’article 24. La prime est une charge de copropriété, répartie entre les copropriétaires selon les tantièmes de charges générales. Un copropriétaire ne peut donc ni choisir l’assureur de l’immeuble, ni refuser de participer à la prime, ni résilier pour son propre compte.
Quelle différence entre assurance copropriété et assurance habitation ?
Elles ne couvrent pas la même chose et ne se remplacent pas. La multirisque immeuble couvre les parties communes et la responsabilité civile du syndicat. L’assurance habitation couvre votre lot privatif, vos biens et votre responsabilité civile personnelle. Les deux sont nécessaires : si une canalisation commune endommage votre parquet, le contrat de l’immeuble intervient sur le commun et le vôtre sur le privatif. Un copropriétaire non assuré en habitation reste couvert par la MRI pour les communs, mais supporte seul ses propres dommages.
Où s’arrête une partie commune et où commence une partie privative ?
La répartition est fixée par le règlement de copropriété, et c’est lui qui prime sur toute règle générale. À défaut de stipulation, l’article 3 de la loi de 1965 range dans les communs le sol, le gros œuvre, les façades, la toiture, les cages d’escalier, les couloirs, les canalisations et gaines collectives. Les points de friction sont connus : les fenêtres et volets, souvent privatifs mais soumis à l’aspect extérieur de l’immeuble ; les canalisations encastrées, communes jusqu’au branchement privatif ; les balcons, dont le revêtement est privatif et la structure commune. En cas de sinistre, c’est cette frontière qui détermine quel assureur paie — d’où l’intérêt de lire le règlement avant le litige.
Comment se règle un dégât des eaux entre deux appartements ?
Par la convention IRSI, applicable depuis juin 2018 aux sinistres dégât des eaux et incendie inférieurs à 5 000 euros hors taxes. Elle désigne un assureur gestionnaire unique — celui de l’occupant du local sinistré — qui instruit le dossier et indemnise, sans attendre que la responsabilité soit établie. En dessous de 1 600 euros, il n’y a pas de recherche de responsabilité entre assureurs. Au-delà de 5 000 euros, on sort de la convention et le droit commun s’applique, avec recherche de responsabilité et expertise contradictoire. Dans tous les cas, le sinistre se déclare à son propre assureur et au syndic.
Qu’est-ce qu’une assurance multirisque immeuble ?
C’est le nom du contrat qui assure un immeuble collectif. Il combine la responsabilité civile obligatoire du syndicat et un ensemble de garanties dommages sur les parties communes : incendie, dégât des eaux, tempête, bris de glace, vandalisme, catastrophes naturelles. S’y ajoutent selon les contrats les équipements collectifs, la responsabilité des mandataires, la protection juridique et les dommages immatériels. On parle indifféremment de multirisque immeuble, de MRI ou d’assurance copropriété.
Comment est calculée la prime d’une copropriété ?
Sur devis, à partir de la surface développée de l’immeuble, du nombre de lots, de l’année de construction, de la nature des équipements collectifs, de l’adresse et surtout de la sinistralité des dernières années. Il n’existe pas de tarif public comparable à celui d’une assurance habitation : deux immeubles identiques peuvent payer des primes très différentes selon leur historique de sinistres. C’est la raison pour laquelle nous ne publions pas de fourchette tarifaire sur ce segment — un chiffre moyen n’y aurait aucune valeur prédictive.
Pourquoi une petite copropriété paie-t-elle cher par lot ?
Parce que beaucoup d’assureurs appliquent une prime plancher, calibrée sur des immeubles plus importants. Sous une dizaine de lots, cette prime se divise entre peu de copropriétaires, et le coût ramené au lot devient disproportionné au risque réel — un petit immeuble sans ascenseur ni chaufferie présente pourtant moins d’exposition qu’un grand ensemble. Les deux leviers sont de rechercher un assureur qui tarifie au tantième plutôt qu’au forfait, et de vérifier que les garanties facturées correspondent à des équipements réellement présents.
Une copropriété peut-elle s’assurer sans syndic professionnel ?
Oui, mais tous les assureurs ne l’acceptent pas. En syndic bénévole, un copropriétaire exerce le mandat et signe le contrat au nom du syndicat. L’obligation d’assurance de l’article 9-1 s’applique à l’identique. Deux précautions s’imposent : vérifier en amont que l’assureur accepte ce mode de gestion, et s’assurer que la responsabilité personnelle du syndic bénévole est couverte, puisqu’il engage son patrimoine dans l’exercice du mandat sans structure professionnelle derrière lui.
Qu’est-ce que la responsabilité civile du syndicat des copropriétaires ?
C’est la garantie qui répond des dommages causés aux tiers par l’immeuble lui-même ou par un vice de construction : un élément de façade qui se détache et blesse un passant, une chute dans une cage d’escalier mal éclairée, une infiltration vers l’immeuble voisin. Le syndicat est responsable de plein droit des vices de construction et des défauts d’entretien des communs, sans qu’une faute ait à être prouvée. C’est la seule garantie que la loi impose, et son plafond mérite d’être rapporté à la valeur de l’immeuble.
Le syndic engage-t-il sa responsabilité personnelle ?
Oui, dans l’exercice de son mandat. Un syndic professionnel est obligatoirement couvert par une responsabilité civile professionnelle et une garantie financière au titre de la loi Hoguet. Un syndic bénévole ne l’est pas : il doit être couvert par le contrat du syndicat, au titre de la garantie responsabilité civile des mandataires. Le défaut de souscription de l’assurance obligatoire, l’absence de déclaration d’un sinistre dans les délais ou un défaut d’entretien connu et non traité sont les fautes de gestion les plus fréquemment retenues.
Qu’impose exactement la loi ALUR en matière d’assurance ?
La loi du 24 mars 2014 a créé deux obligations distinctes. L’article 9-1 de la loi de 1965 impose au syndicat des copropriétaires d’assurer sa responsabilité civile. Le même article impose à chaque copropriétaire, occupant ou bailleur, d’assurer sa propre responsabilité civile. Avant 2014, seul le règlement de copropriété pouvait créer cette obligation, et de nombreuses copropriétés anciennes n’en comportaient aucune. La loi n’impose en revanche ni la couverture des dommages à l’immeuble, ni un niveau de garantie minimal.
Un copropriétaire bailleur doit-il une assurance en plus ?
Oui, et c’est le point que beaucoup de bailleurs découvrent tard. L’article 9-1 lui impose d’assurer sa responsabilité civile, et l’assurance propriétaire non occupant, dite PNO, est le contrat qui y répond. Elle couvre les périodes où le logement est vacant, les sinistres dont l’origine est le lot sans que le locataire soit responsable, et les recours que le locataire ou le syndicat pourraient exercer. Elle ne remplace pas l’assurance du locataire, qui reste obligatoire de son côté.
Que se passe-t-il si la copropriété n’est pas assurée ?
Le syndicat est en infraction à l’article 9-1, et le syndic commet une faute de gestion susceptible d’engager sa responsabilité. Les conséquences financières sont les plus lourdes : un sinistre de responsabilité civile non assuré se paie sur les fonds du syndicat, donc par un appel de charges exceptionnel réparti entre tous les copropriétaires. Un copropriétaire qui constate l’absence d’assurance peut mettre le syndic en demeure, saisir l’assemblée générale, et en dernier ressort demander la désignation d’un administrateur provisoire.
La copropriété horizontale s’assure-t-elle de la même façon ?
Non, et c’est une source fréquente de mauvaise couverture. Dans un lotissement, il n’y a ni toiture ni façade commune, mais il y a des voiries, un éclairage, des espaces verts et des réseaux enterrés. Les contrats conçus pour du bâti collectif couvrent mal ces postes, et la qualification en partie commune d’une canalisation enterrée est régulièrement contestée au moment du sinistre. Il faut vérifier que le contrat prévoit explicitement la copropriété horizontale, et non par assimilation à un immeuble collectif.
Peut-on changer l’assurance de la copropriété ?
Oui, par décision de l’assemblée générale à la majorité de l’article 24. Le syndic ne peut pas changer d’assureur de sa seule initiative. Le contrat se résilie dans les conditions de droit commun, à l’échéance annuelle avec un préavis généralement de deux mois, ou à tout moment après la première année lorsque le contrat relève de la faculté de résiliation infra-annuelle. En pratique, la mise en concurrence se prépare plusieurs mois avant l’assemblée, puisqu’il faut des devis à présenter au vote.
La protection juridique vaut-elle le surcoût en copropriété ?
Elle prend du sens dans deux cas. D’abord quand la copropriété a un contentieux récurrent d’impayés de charges : les frais de recouvrement et de procédure dépassent vite le coût de la garantie. Ensuite quand elle engage des travaux importants, où le risque de litige avec une entreprise est réel. Pour une petite copropriété paisible et sans projet de travaux, le surcoût se discute. Le fait que 90 recherches mensuelles portent explicitement sur cette garantie indique qu’elle est mal couverte par les contrats standards.
Faut-il passer par un courtier pour assurer un immeuble ?
Ce n’est pas obligatoire, et nous n’avons aucun intérêt à vous le conseiller : ce guide est édité par une société qui exerce par ailleurs le courtage. Factuellement, le courtage présente un intérêt sur les grands ensembles, où la prime est négociable et où la mise en concurrence de plusieurs porteurs de risque demande un travail technique. Sur une petite copropriété, l’écart obtenu couvre rarement la rémunération de l’intermédiaire. Dans tous les cas, demandez au courtier le nom des assureurs consultés et sa rémunération : il est tenu de vous les communiquer.
Les travaux de la copropriété sont-ils couverts par la multirisque immeuble ?
Non, pas en tant que tels. La MRI couvre l’immeuble en exploitation. Des travaux relèvent d’assurances distinctes : la dommages-ouvrage, obligatoire pour le maître d’ouvrage sur les travaux affectant la solidité de l’ouvrage, et la garantie décennale des entreprises intervenantes. Le syndicat, maître d’ouvrage lors d’une rénovation de toiture ou de façade, doit souscrire la dommages-ouvrage et vérifier les attestations décennales de chaque entreprise avant le démarrage du chantier.
Qu’est-ce qu’un recours des voisins et des tiers ?
C’est la garantie qui joue quand un sinistre né dans l’immeuble endommage l’extérieur : un incendie qui se propage au bâtiment mitoyen, une infiltration vers la propriété voisine. Sans elle, le syndicat répond sur ses fonds propres des dommages causés au-delà de ses limites. Elle figure dans la plupart des multirisques immeuble, mais ses plafonds varient fortement et méritent d’être comparés à la valeur des biens mitoyens.
Pourquoi n’y a-t-il presque aucun avis en ligne sur les assurances de copropriété ?
Parce que le client n’est pas un particulier. Un contrat MRI est souscrit par un syndicat, instruit par un syndic et voté en assemblée générale : il n’y a ni parcours d’achat en ligne, ni sollicitation d’avis après souscription, ni expérience individuelle à noter. Les plateformes d’avis publiques, qui alimentent nos notes sur les autres segments, sont donc quasi vides sur celui-ci. C’est une limite que nous assumons plutôt que de la combler par des notes non étayées.
Comment comparer deux devis de multirisque immeuble ?
En commençant par les écarter du prix. Mettez côte à côte, poste par poste, les plafonds d’indemnisation, les franchises, la liste des équipements collectifs couverts, le traitement de la frontière privatif / commun, la présence de la responsabilité civile des mandataires et celle de la protection juridique. Vérifiez ensuite la méthode de tarification : une prime plancher ou un calcul au tantième ne produisent pas le même coût par lot. Un devis moins cher avec une franchise doublée et les ascenseurs exclus n’est pas moins cher, il couvre moins.
Vocabulaire
Glossaire de la multirisque immeuble
Le jargon du segment est un obstacle réel quand on siège dans un conseil syndical sans être du métier.
- Syndicat des copropriétaires
- La personne morale que forme l’ensemble des copropriétaires, titulaire du contrat d’assurance de l’immeuble. Elle existe de plein droit dès qu’un immeuble est divisé en lots, sans formalité.
- Syndic
- Le mandataire du syndicat, professionnel ou bénévole. Il signe le contrat au nom du syndicat, déclare les sinistres et exécute les décisions de l’assemblée générale, mais ne décide pas seul du choix de l’assureur.
- Multirisque immeuble (MRI)
- Le contrat d’assurance d’un immeuble collectif, combinant la responsabilité civile obligatoire du syndicat et les garanties dommages sur les parties communes.
- Tantième
- La quote-part de chaque lot dans la copropriété, exprimée en millièmes. Elle détermine la répartition de la prime d’assurance entre copropriétaires et le poids du vote en assemblée générale.
- Convention IRSI
- Convention entre assureurs, applicable depuis juin 2018, qui organise le règlement des dégâts des eaux et incendies jusqu’à 5 000 euros hors taxes en désignant un assureur gestionnaire unique, afin d’indemniser sans attendre l’issue de la recherche de responsabilité.
- Article 9-1
- Disposition de la loi du 10 juillet 1965, introduite par la loi ALUR de 2014, qui impose au syndicat et à chaque copropriétaire d’assurer sa responsabilité civile. C’est le fondement de l’obligation d’assurance en copropriété.
- Majorité de l’article 24
- Majorité des voix des copropriétaires présents, représentés ou votant par correspondance. C’est celle qui s’applique au vote du contrat d’assurance de l’immeuble.
- Copropriété horizontale
- Lotissement où chaque copropriétaire possède sa maison et son terrain, les parties communes étant les voiries, réseaux, éclairage et équipements partagés. Elle appelle un contrat qui la prévoit explicitement.
- Partie commune
- Élément de l’immeuble affecté à l’usage de tous : sol, gros œuvre, façades, toiture, cages d’escalier, canalisations collectives. Sa définition exacte figure au règlement de copropriété, qui prime sur la règle supplétive de la loi.
- Partie privative
- Élément réservé à l’usage exclusif d’un copropriétaire. Les cas frontières — fenêtres, volets, revêtement de balcon, canalisations encastrées — sont la première source de litige au moment du sinistre.
- Prime plancher
- Montant minimal de cotisation appliqué quel que soit le risque réel. C’est le mécanisme qui rend l’assurance d’une petite copropriété disproportionnée au risque, ramenée au lot.
- Dommages-ouvrage
- Assurance obligatoire du maître d’ouvrage sur les travaux affectant la solidité de l’ouvrage. Le syndicat doit la souscrire lorsqu’il engage une rénovation structurelle, indépendamment de la multirisque immeuble.
- Recours des voisins et des tiers
- Garantie couvrant les dommages qu’un sinistre né dans l’immeuble cause au-delà de ses limites : propagation d’incendie, infiltration vers une propriété mitoyenne.
- Propriétaire non occupant (PNO)
- Copropriétaire qui n’habite pas son lot, le plus souvent parce qu’il le loue. L’assurance PNO est le contrat par lequel il satisfait à l’obligation de l’article 9-1.